Quand on parle des pires assurances vie, c’est un peu vague, non ?
L’assurance vie est l’un des 3 placements préférés des Français, avec l’immobilier et le livret A. C’est notamment grâce à sa fiscalité avantageuse et à sa grande souplesse.
Mais peu d’investisseurs comprennent vraiment cette enveloppe ! Elle qui contient une multitude de supports d’investissement est idéale pour s’adapter à vos objectifs financiers.
Comme vous le savez, la première étape d’un investissement est de définir la destination d’arrivée, à savoir les objectifs financiers. Cela permet d’être certain d’investir sur le bon support en termes de rendement, de risque et de disponibilité.
Alors quand on parle des “pires assurances vie”, est-ce en termes de rendement, volatilité, disponibilité des liquidités,… ?
Quoi qu’il en soit, choisir une des pires assurances vie peut avoir des conséquences dramatiques sur votre épargne. A la retraite, vous ouvrez votre assurance vie pour être extrêmement déçu par ce qu’il y a dessus.
On vous avait pourtant dit que le temps long était très positif mais ce n’est pas ce que vous voyez !
Vous aurait-on menti ?
La plus grosse erreur que je vois chez les non-initiés est d’ouvrir une assurance vie sans choisir ce qu’ils veulent mettre dedans !
Ce serait comme aller dans une grande surface et laisser le responsable du magasin remplir votre caddie. Tant pis si vous n’aimez pas les chocapics au petit déjeuner.
Se pose donc la question de comprendre ce qu’on peut trouver dans une assurance vie. Quels sont ces supports et comment bien les choisir ?
A la fin de cet article, vous serez en mesure d’analyser le contenu de votre assurance vie. Quitte à en ouvrir une, deux ou trois autres si vous avez choisi la « pire des assurances vie ».
Décryptage.
Comment choisir ses supports d’investissement ?
Le choix des supports dépend de plusieurs critères et part de vous :
- Votre profil d’investisseur : prudent, équilibré ou dynamique ?
- Votre horizon de placement : court, moyen ou long terme ?
- Votre appétence au risque : sécurité ou recherche de performance ?
Une bonne stratégie consiste souvent à diversifier en mixant différents supports pour allier sécurité et performance. Un article complémentaire pour en savoir plus sur le « meilleur investissement 2025 » en fonction de votre profil.
Ci dessous les options disponibles dans les assurances vie classées par risque croissant.
1. Les fonds en euros : la sécurité avant tout
Les fonds en euros sont le pilier historique de l’assurance vie. Leur principal atout réside dans leur garantie en capital : quel que soit l’environnement économique, votre épargne ne peut pas diminuer (hors frais de gestion).
Ces fonds sont principalement investis en obligations, ce qui assure une certaine stabilité en lien avec un risque faible.
Cependant, leur rendement a fortement baissé ces dernières années passant de plus de 3% à moins de 2% pour certains. C’est ce qui pousse de plus en plus d’épargnants à se tourner vers des solutions plus dynamiques.
Si vous cherchez la sécurité absolue, les fonds en euros sont ce qu’il vous faut.
En revanche, si vous cherchez un peu plus de rendement, il faudra y ajouter autre chose.
2. Les unités de compte (UC) : une diversification pour plus de performance
Les unités de compte sont des supports plus risqués que le fonds en euros, mais aussi plus rémunérateurs sur le long terme.
Avec un large choix de supports pour diversifier, chacun pourra trouver son bonheur pour atteindre ses objectifs. Tout en respectant son niveau de risque acceptable.
Les deux points de vigilance sont le risque de perte en capital (en lien avec le niveau de risque) et la nécessité de suivre l’évolution des UC pour ajuster son allocation. Si un actif est très fort, il va prendre plus de poids dans votre portefeuille, ce qui augmente la volatilité générale.
Lors de la création de votre compte, certaines assurances vie vous obligent à prendre un pourcentage minimum d’unités de compte.
Il existe plusieurs catégories d’unités de compte (UC) :
a) Les actions
Investir en unités de compte actions permet de bénéficier du dynamisme des marchés boursiers. Ce sont surtout les épargnants prêts à accepter une volatilité importante qui s’orientent vers ces supports.
En gardant à l’esprit que l’assurance vie est un investissement long terme, et la volatilité étant aplanie par l’investissement sur un temps long, cette option peut être envisagée pour plus de rendement. Vous pourriez aussi en ajouter très peu dans votre allocation (ex : 5 à 10%) afin de booster le rendement sans prendre trop de risques.
Des unités de compte actions sur une assurance vie bénéficient de la fiscalité attractive à savoir pas de taxation des plus values annuelles.
b) Les obligations
Moins risquées que les actions, les obligations offrent un rendement intermédiaire. Elles sont généralement émises par des États ou des entreprises et versent des intérêts réguliers.
Les obligations des Etats Unis sont les plus dynamiques et il est plus sage d’éviter les actions avec un taux élevé, souvent synonyme de risque élevé.
c) Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier)
Les SCPI permettent d’investir dans l’immobilier locatif sans avoir à gérer directement des biens. Avec des rendements attractifs, bien que non garantis, on les utilise souvent pour diversifier un portefeuille.
Les SCPI les plus dynamiques affichent un rendement pouvant aller jusqu’à 7%.
d) Les ETF (Trackers)
Les ETF répliquent la performance d’un indice boursier (CAC 40, S&P 500, etc.). Ils vous permettent donc de vous exposer aux marchés boursiers sans devoir sélectionner vous-même les actions une par une.
Avec des frais réduits et une grande transparence, les assurances vie les proposent souvent pour leur simplicité.
3. Les fonds à formule et fonds structurés : des alternatives encadrées
Ces supports sont construits autour d’un mécanisme spécifique qui peut garantir une partie du capital tout en offrant une exposition aux marchés financiers. Ils sont souvent utilisés pour capter une performance tout en limitant le risque et proposés par les banquiers et CGP.
Le principe est de capter une partie de la plus value et la sécuriser sur quelque chose de peu risqué, ce qui implique que vous ne bénéficiez pas des intérêts composés. Ce serait juste au dessus des fonds en euros en termes de rendement mais avec un engagement sur une certaine durée – votre argent est bloqué pendant xx ans.
De plus, le fonctionnement est assez complexe et les frais opaques. Je ne suis personnellement pas fan mais j’en avais dans une de mes assurances vie.
4. Les supports immobiliers : investir dans la pierre via l’assurance vie
Je connais des inconditionnels de l’immobilier qui ne jurent que par cela car c’est concret. Attention de ne pas se sur-exposer à l’immobilier uniquement en cas de chute du marché ou stagnation comme depuis quelques années maintenant.
Outre les SCPI mentionnées plus haut, plusieurs autres options existent pour investir dans l’immobilier via une assurance vie :
- Les OPCI (Organismes de Placement Collectif en Immobilier) : un mix entre immobilier et actifs financiers, plus liquides que les SCPI.
- Les SCI (Sociétés Civiles Immobilières) : elles investissent dans un portefeuille immobilier diversifié et offrent une certaine flexibilité.
Les supports immobiliers permettent d’ajouter un peu de dynamisme à une assurance vie uniquement en fonds euros, en gardant une certaine sécurité. Cependant, c’est un poil plus risqué que le fonds euros dans le mesure où il n’y a pas de garantie en capital. Enfin, les frais peuvent parfois être élevés.
5. Les supports alternatifs : matières premières, private equity, crypto-actifs…
Pour les investisseurs plus avertis, certains contrats d’assurance vie proposent des supports plus spécifiques :
- Le private equity : investir dans des entreprises non cotées, souvent avec un potentiel de forte croissance. Le private equity est souvent accessible aux particuliers à partir d’un montant minimum et peut représenter un rendement de 13 à 14%. En revanche, vous prenez le risque que l’entreprise ne décolle pas et puisse faire faillite.
- Les matières premières : investir indirectement dans l’or, l’argent, ou encore le pétrole via des fonds spécialisés. Ces supports peuvent apporter du dynamisme mais avec une volatilité importante.
- Les crypto-actifs : encore rares dans l’assurance vie, certains contrats commencent à proposer des fonds liés aux crypto-monnaies. La volatilité est encore plus importante avec des baisses qui peuvent aller jusqu’à -50% et des hausses de 200%.
Les risques de ces supports sont plus importants que le fonds euros à capital garanti. Selon votre objectif, horizon de placement et appétence au risque, vous pouvez choisir d’en mettre très peu ou au contraire beaucoup. L’important dans ce cas là sera de savoir “quand sortir” car les marchés volatils bougent très vite à la hausse comme à la baisse et le moment où l’ordre est passé par votre gestionnaire d’assurance vie peut avoir un impact.
Comment savoir sur quoi on a investi dans son assurance vie ?
Sur ce point là, j’ai déjà rencontré des personnes qui m’affirment qu’elles ont investi dans des actions (au travers de l’assurance vie) et lorsqu’elles m’envoient le détail des contrats…. surprise.
Un investissement dans des obligations à 70% avec un rendement à 2,1% et des frais colossaux au vu de la performance.
Il est crucial de comprendre le détail des lignes de votre assurance vie car c’est la condition essentielle pour arriver à vos objectifs financiers. Si je souhaite que mon assurance vie génère 10k€ de plus pour dans 10 ans, la somme à placer ne sera pas la même sur un contrat à 2% versus 10% !
Je vous laisse faire les maths pour trouver le temps que cela prendra à 2% et à 10%.
Voici un exemple ci-dessous d’une de mes assurances vie.
On peut voir ici une exposition 100% actions sur cette assurance vie là – j’en ai 3 en tout.
Avec une appétence au risque élevée et un horizon de placement de plus de 20 ans (objectif retraite), cette assurance vie ouverte il y a exactement 3 ans a généré +17 400€.
Nous sommes ainsi sur un rendement entre 9 et 10% par an, avec un réinvestissement des intérêts composés.
On peut donc avoir des actions sur un PEA, un compte titre ou une assurance vie !
Chacun a ses spécificités et surtout le choix dépendra des options que proposent les gestionnaires d’assurance vie. C’est pour cela qu’il est très fréquent d’avoir plusieurs assurances vie, pour compenser ce qu’il manque chez l’une par une autre.
Conclusion : comment éviter les pires assurances vie ?
Maintenant que vous avez compris les détails, le pire choix en matière d’assurance vie est souvent un contrat avec des frais excessifs, une gestion rigide et des supports peu performants.
Voici comment les identifier :
- Des frais trop élevés : frais d’entrée, de gestion et d’arbitrage peuvent grignoter vos gains.
- Un contrat figé : certains contrats anciens ou mal conçus ne permettent pas d’accéder à une large gamme de supports d’investissement.
- Un rendement médiocre : un fonds en euros avec une performance en berne et sans options de diversification est souvent un mauvais choix.
- Une absence de transparence : méfiez-vous des contrats qui ne communiquent pas clairement sur les performances et les frais.
Allez donc regarder votre ou vos contrats d’ assurances vie dans le détail pour vous assurer de 3 choses :
- Le niveau de risque et le rendement correspondent à vos objectifs
- Vous avez une multitude de choix en ligne avec vos objectifs
- Les frais sont transparents et acceptables, sans frais cachés
Cela vous permettra de déterminer si vous avez en effet choisi la pire assurance vie.
Et si c’est le cas : ouvrez en une autre !

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