Quand “plus tard” se transforme en “trop tard”

Repoussez-vous toujours vos décisions d’investissements à plus tard ? 

Etes vous bien trop occupé(e) pour vous intéresser à vos placements ? 

Ou parce que vous n’y connaissez rien vous vous dites que vous le ferez plus tard ? 

Pour la petite histoire, je viens de faire un plus tard ce week-end avec la tonte de mon jardin. Les conditions étaient réunies : 4h de libre devant moi, du soleil depuis 1 semaine en continu, une pelouse quasi sèche, une tondeuse à proximité. Et pourtant, je n’en avais pas envie.

Je me suis dit que j’allais attendre encore une semaine, le week-end prochain.

Mon point : c’est humain donc inutile de sortir le fouet (pas celui pour la cuisine, l’autre).


Mais entre attendre plus tard pour tondre sa pelouse ou investir, il y a un fossé.

En matière d’investissements je suis catégorique : il y a un moment où il est trop tard pour changer votre situation. 

Dans cet article nous allons nous pencher sur ce problème que je vois souvent : tous ceux vont investir “plus tard”. Plus tard dans 20 ans ou 30 ans, l’avenir ne le dit pas. 

Juste plus tard, un jour, peut être, quand j’aurais le temps,… qui se transforme très souvent en jamais. Puis viennent les regrets parce qu’il est trop tard. 

Nous verrons ainsi quand plus tard devient trop tard et cela arrive bien plus tôt que vous ne le pensez. J’aime les oxymores.

Il y a selon moi 3 raisons pour lesquelles les contribuables français foncent dans le mur – en râlant et se victimisant – et une façon d’y remédier. Je vais insister sur les conséquences de faire plus tard ou rien faire du tout. Puis de regretter en bloc à partir de 50 ans en vous disant « j’aurais du… ». 

  1. La fin de l’Etat providence ? 

Alors je sais bien qu’on en parle depuis des années et malgré tout le système est encore là… 

En France, on se repose beaucoup beaucoup sur l’Etat (providence). Je rencontre encore une majorité de français qui vient dans un grane illusion. Celle que l’Etat “fera en sorte qu’ils aient une retraite correcte, des soins de qualité, la sécurité, …. On verra hein ?”

C’est beau… mais c’est faux. 

Nous allons, par contrainte, vers un système à l’américaine dans lequel le contribuable devra payer de sa poche de plus en plus. On voit cette tendance là se confirmer pour les mutuelles de santé par exemple.

La raison pour laquelle les prix des mutuelles augmentent ? L’Etat transfère une partie des coûts aux mutuelles qui les répercutent ensuite aux patients. Cette tendance va se renforcer et s’appliquer à bien d’autres secteurs. 

Bien entendu cela ne sera pas 100% à l’américaine dans un an mais de petites mesures au fur et à mesure… qui vont sur 20 ans ou 30 ans complètement changer la donne. 

Je sais bien que personne ne peut prédire l’avenir. Cependant, certains (bons) livres de stratégies parlent d’observer les tendances pour anticiper les directions futures. 

A quoi pouvons-nous nous attendre en France ? 

  1. La dette publique explose
    → Avec une dette > 110 % du PIB, l’État risque d’augmenter les impôts ou réduire les aides sociales.
  2. Les retraites et le système social sont fragiles
    → Le vieillissement de la population met en péril pensions et prestations sociales à long terme. Combien de réformes des retraites potentielles pour soit retarder l’âge de départ soit en contenir – comprendre diminuer – le montant ?
  3. Les impôts sont déjà très élevés
    → Peu de marge pour l’État, ce qui signifie que les contribuables devront de plus en plus compter sur eux-mêmes.
  4. Une croissance faible et un marché incertain
    → L’économie française peine à se développer, ce qui peut impacter l’emploi et pouvoir d’achat.
  5. Instabilité politique et réformes incertaines
    → L’incertitude rend crucial l’investissement dans des solutions personnelles (épargne, immobilier, placements).

En résumé, on parle de moins de prestations sociales, moins de pouvoir d’achat, un départ à la retraite plus tard, des pensions de retraite diminuées (30% vs 50% ?), une plus grande contribution personnelle demandée / imposée. 

Toutes ces informations là dans les journaux tous les jours donc au fond de vous, vous le savez. Dans ce cas, pourquoi repousser à “plus tard” ? 

  1. Des connaissances financières catastrophiques

Noel Burch a décrit un célèbre modèle des niveaux de compétence avec 4 phases. 

  1. Incompétence inconsciente : Tu ignores que tu ne sais pas.
  2. Incompétence consciente : Tu réalises que tu ne sais pas.
  3. Compétence consciente : Tu sais, mais tu dois te concentrer.
  4. Compétence inconsciente : Tu maîtrises sans effort.

Si on devait noter le niveau de connaissances financières des français, je mettrais 80% de la population à 1 :  je ne sais pas que je ne sais pas. Pas de problème à régler, c’est parfait. Sauf proche de la retraite où on passe du niveau 1 au niveau 2 mais là c’est bien trop tard. 

Note : tout placer dans l’immobilier, une assurance vie et/ou un livret A, cela relève aussi du niveau 1. Faire comme des membres de sa famille ou des amis ne signifie pas que tu sais. Juste que tu suis aveuglément le groupe ou la méthode de tes ancêtres. Si cela a marché pour d’autres…

Tout le monde est conscient du problème des retraites mais tant que ce n’est pas concret – par exemple devoir se rendre aux restos du coeur, manger des pâtes, ne pas pouvoir payer sa facture de téléphone – cela reste un “on verra plus tard”. 

Alors que de petites actions régulières comme investir 50 euros tous les mois peut vous permettre de disposer de +70 000€. 

C’est incroyablement dangereux de rester au niveau 1 dans le contexte actuel et futur.

Et encore plus de prendre des décisions d’investissements sans savoir si vous ne faites pas n’importe quoi. Il vaut mieux réaliser qu’on fait une erreur coûteuse au bout de 5 ans qu’au bout de 50 ans !

A tous ceux qui pensent que ce n’est pas urgent de s’occuper d’investir et que cela peut attendre…

  1. Parler d’argent est un tabou

Pourquoi ne pas parler d’argent et des investissements comme on échange une bonne recette de cuisine ? 

C’est quoi le problème ?

Je pense que la France a créé ou entretenu des tabous autour de l’argent qui viennent probablement de son historique (politique, religieux, social). 

Je me souviens d’un déjeuner avec des amis au cours duquel je suggérais que les enfants à l’école aient un cours sur les différentes catégories d’investissements. Comme un cours de technologie, de civisme, d’éducation sexuelle ou d’éthique par exemple. 

Tout de suite, une nana me rétorque énervée que son mari était trader avant et qu’on n’a pas besoin de plus de traders pour parier sur le manque à venir de matières premières. Allez, je te mets au niveau 1 ! Y’a pas que le trading dans la vie. 

Plus sérieusement et suite à cet échange là, je crois qu’il y a un lien très fort entre argent et identité. Si nous arrivons à décorréler les deux et à faire de l’argent un non-sujet, on pourra partager nos meilleures astuces d’investissements.

Ce n’est pas le montant que tu as qui compte, c’est comment tu l’utilises (responsabilité). Les enfants ont je trouve un sens de l’éthique et de la justice supérieur aux adultes donc je maintiens qu’un cours sur l’argent et les responsabilités pour déconstruire la partie en lien avec l’identité serait très bénéfique pour la société.  

La solution : apprenez à gérer vos finances ASAP

Je vous avais promis une solution et là voici. Cela implique de se sortir les doigts et de passer à l’action. Si vous attendiez une recette miracle, vous pouvez partir car la recette miracle n’existe pas. Bonne chance.

La seule solution pérenne et viable est de passer du niveau 1 de compétence au niveau 4.

Ceci vous permettra de savoir prendre les bonnes décisions en ayant tous les éléments, pour vous assurer que ce que dit “le groupe” est la meilleure stratégie pour VOUS à ce moment précis de votre vie. 

Il n’y a pas de recette toute faite, c’est pour cela que suivre les conseils de ses proches n’est pas toujours la meilleure idée. Et que vous pourriez certainement faire mieux !

Toutes les personnes qui se sont enrichies l’ont fait en étant curieux et en questionnant le statu quo, en essayant des choses après s’être formé un minimum. Une combinaison bénéfique de théorie et de pratique.

J’ai personnellement fait plus de pratique que de théorie par curiosité, ce qui m’aura coûté un bras. Je vous le déconseille sauf si vous avez les moyens et que cela vous divertit de perdre de l’argent. 

Si ce n’est pas votre cas, vous pouvez éviter de payer le même tarif en profitant de mes retours d’expérience. 

Soyons fous : parlons argent sans tabous !

Dans les commentaires dites moi : TTMC en connaissances sur les investissements ?


Commentaires

Une réponse à “Quand “plus tard” se transforme en “trop tard””

  1. […] un enjeu d’image, de réputation, de posture ? Ou juste un état d’esprit  YOLO ou on verra plus tard […]

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